En devenant plus autonome physiquement, notre enfant le devient aussi psychiquement. Peu à peu, il se détache de nous et commence à vivre sa vie, modestement. Il apprend à se laver et s'habiller seul, tâche qui demande finesse et précision dans ses gestes. Entre trois et cinq ans, notre enfant est presque un grand. Ce qui veut dire qu’il peut faire plein de choses tout seul. Quelques petits coups de pouce sont tout de même les bienvenus. A ce stade, il acquiert la sensation des "séquences", c'est-à-dire, des étapes successives nécessaires à la réalisation d'un mouvement. Par exemple, pour se chausser, il faut d'abord glisser le pied dans la basket, pousser pour caler le talon, attraper le scratch, le poser au bon endroit, etc.
C'est ainsi que notre enfant commence à acquérir la notion de latéralité, à différencier la gauche et la droite. Ces notions peuvent sembler mineures, mais elles sont fondamentales pour passer à d'autres apprentissages plus abstraits.
Un parcours aux multiples étapes
Déjà, vers un, an Bébé commence à coopérer lors des séances d'habillage: il tend les pieds pour qu'on lui mette ses chaussettes ou la jambe pour qu'on lui enfile son pantalon… En enregistrant nos gestes, l'apprentissage de notre tout-petit commence. Vers trois ans, le déshabillage n'a plus de secrets pour lui : il est toujours plus facile d'ôter que de mettre des vêtements. Mais il enfile déjà seul ses chaussettes, ou presque !
Notre attitude est essentielle pour que notre enfant confiance en lui. Et là, l'environnement affectif est une condition nécessaire pour la réussite de son développement. C'est en se sentant encouragé, aidé, aimé, félicité, que Bébé aura envie de poursuivre son mouvement vers l'autonomie. Déjà vers cinq ans, un enfant est beaucoup plus autonome. Il peut prendre son bain seul - tout en restant sous notre surveillance - et s'habiller sans notre aide. Nous devons entretenir ses acquis en le laissant faire seul. Nous lui expliquons et lui montrons comment s’y prendre mais nous ne devons pas le faire pour lui et ce, même s’il met un peu plus de temps à le faire.
Que faire pour l’aider ?
Un enfant a besoin de réaliser des gestes de la vie quotidienne. Au début, pour l’aider, nous pouvons lui donner des vêtements pour habiller et déshabiller ses poupées. Un peu de pratique et il lui sera plus facile de répéter ses gestes sur sa petite personne. Nous devons le laisser participer mais en lui demandant de relever un défi à chaque fois. Pour commencer, nous pouvons lui demander de se déshabiller tout seul, le soir, avant le bain. C'est plus facile d'enlever ses habits que de les enfiler. On peut aussi le laisser mettre son pyjama car le soir, on est moins pressé.
Le matin en le préparant, il peut enfiler tout seul ses chaussettes, puis les chaussures et le gilet, son bonnet, l’écharpe. Au début, prévoyons des vêtements faciles à enfiler, par exemple, des vêtements à larges encolures. Nous pouvons aussi attacher des rubans solides à l’anneau des fermetures à glissières pour faciliter la prise en main. ou préparer ses vêtements dans l’ordre qu’il doit les enfiler. Dès qu’il veut s’habiller tout seul, une petite marque cousue à l'arrière du vêtement lui permettra de s'habiller dans le bon sens. Aussi pour lui permettre de repérer la chaussure droite de la gauche, il suffit de coller une pastille de couleur différente dans la chaussure gauche et dans la chaussure droite. Il n’aura qu’à jeter un coup d'oeil pour ne pas se tromper.
Un peu d’adresse et beaucoup de patience
Il est, certes, difficile pour nous de résister à la tentation de lui venir en aide quand nous voyons qu’il est en difficulté. Mais un enfant trop assisté devient vite maladroit. Il manquera d’initiative et de confiance en lui. Laissons-le choisir ses vêtements même s’ils ne correspondent pas toujours à nos goûts. L’enfant, même à travers ces gestes, commence à construire sa personnalité.
Si l’apprentissage de l’autonomie est avant tout appréhendé comme un jeu chez notre petit, il va devenir, au fil du temps, un réel moyen de reconnaissance... Bref, nous devons faire provision de patience. A terme, il n’en sera que plus dégourdi. Il faut l'encourager, l'aider à se débrouiller de plus en plus souvent seul, comme un grand, sans toutefois le laisser régenter et décider de tout. Le sentiment est toujours gratifiant d'avoir vraiment grandi…Pourtant, avant de ne plus mettre les deux pieds dans la "même jambe" de pantalon ou le bras dans l'encolure d'un pull, que d'étapes à franchir ! Parvenir à s'habiller tout seul demande un peu de temps.
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