L’adoption est un choix qui s’impose à certains ou qui se fait naturellement pour d’autres. Même si notre enfant fait partie de notre famille, il est utile de maintenir les liens avec sa famille de sang. Cette relation est primordiale pour sa construction en tant qu’adulte. Pendant des années, les fratries ont été séparées par l’adoption pour leur "bien". En effet, rares étaient les parents acceptant plus d’un enfant chez eux. Au fil des années, les études réalisées sur l’adoption des fratries ont révélé que dans la plupart des cas, les services sociaux plaçaient les enfants en fonction de leurs chances d’être adoptés. Car plus un enfant grandissait, moins il avait de chance d’être adopté ; si on rajoutait les frères et sœurs, ses chances s’amenuisaient d’autant.
La fratrie, une microsociété
Cette pratique a duré jusqu’aux années 90, époque où les résultats d’études sur la fratrie condamnaient cette séparation. Il n’est pas interdit d’adopter un seul frère ou une sœur d’une fratrie, mais briser le lien qui unit un enfant à sa seule famille reste un traumatisme difficile à surmonter. La fratrie joue un rôle important dans la vie d’un enfant.
La position que l’on tient au sein d’une fratrie peaufine souvent notre caractère. Quand un enfant se retrouve sans parents dans un environnement difficile et changeant, il cherche du réconfort dans le bloc qu’est la fratrie. Celui-ci le protège et le maintient dans un milieu social qui ne lui est pas inconnu. En continuant à entretenir le lien avec son frère ou sa sœur, il se prépare à une socialisation plus vaste.
Un environnement stable
Selon les études menées auprès des enfants placés dans différentes familles, le lien fraternel, quand il est maintenu, permet une adaptation plus rapide. Quand les enfants sont placés ensemble, ils montrent moins de traumatismes et de problèmes d’ordre émotionnel. Le caractère de l’enfant est aussi influencé, il se sent plus en sécurité quand il sait que ses parents travaillent à maintenir le lien fraternel et non pas à le briser. Les enfants adoptés adoptent alors, à leur tour, leur nouvelle famille et trouvent sans problème une place dans cette "famille recomposée". Ceci dit, la collaboration de l’entourage est indispensable pour le bon développement de l’enfant.
Mais le lien fraternel n’est pas le même partout. Outre les circonstances dans lesquelles les enfants sont séparés de leurs parents, la position familiale influence le lien fraternel. Les cadets ont plus besoin de ce lien pour se construire que les aînés. L’âge de l’enfant influence aussi sur cette relation. En dessous de deux ans, les enfants ne souffrent systématiquement d’une séparation de la fratrie. Le traumatisme n’est pas inévitable. Il est de même pour certains adolescents qui ressentent le besoin d’être dans un milieu plus intime.
Chaque fratrie est unique et l’aide d’un psychologue n’est pas de trop pour savoir si notre enfant a besoin de visites ou de coups de fil à ses frères et soeurs.
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